2 Néfliers d’Allemagne

Mêlier ou Mesplier

 
  • Le néflier commun ou d’Allemagne (mespilus germanica) à ne pas confondre avec la nèfle du Japon (Eriobotrya japonica) même s’ils font tous deux partie de la famille des rosacées.
  • C'est un arbuste ou un petit arbre à port assez étalé, de 5 à 6 m de haut, à tronc et rameaux tortueux et présentant une écorce écailleuse, sa croissance lente et parfois tortueuse peut déconcerter un jardinier.
  •  Il supporte mal la taille annuelle car n'ayant qu'une fleur à chaque extrémité des jeunes rameaux, couper fait perdre la récolte sur cette brindille ; un élagage tous les dix ans est considéré suffisant.
  • Il se plaît sur un sol plutôt sec, mais un emplacement à mi- ombre, dans une terre de jardin bien drainée, lui convient.
  • Pour une bonne mise à fruits il faut, à l’égal du pommier, environ 1000 heures d’une température à 7 °C. Sa floraison autofertile à fin mai-début juin le met hors de portée des gels tardifs. Il supporte une température de -15 °C.
  • Sa croissance, qui peut paraître désespérément lente, pourrait inciter le jardinier à avoir la main leste en engrais de synthèse. Surtout pas! Un peu de compost épandu chaque automne à l’aplomb de la couronne suffit amplement à ses besoins!
  • Les feuilles simples, alternes, sont de forme elliptique, un peu aiguës au sommet, et irrégulièrement dentelées. De couleur vert pâle, elles sont glabres à leur face supérieure et un peu tomenteuses en dessous.
  • Les fleurs blanches ont 3 cm de diamètre environ. Elles apparaissent tardivement, vers la fin mai.
  • Les fruits, de 2 à 3 cm de diamètre (4 à 6 cm chez les variétés à gros fruits), ont une forme de petite poire, ou de toupie aplatie, et portent les sépales persistants à leur sommet. Sur le plan botanique, ce fruit est une fausse drupe, analogue aux pommes, poires, coings.
  • Le néflier n’est pas sujet à la pression des ravageurs, tant animaux que cryptogamiques. Néanmoins, il arrive que l’oïdium du pommier et quelques pucerons ou chenilles des rosacées lui rendent visite, mais il n’y a pas lieu d’intervenir.
  • Il n’est pas nécessaire de le tailler, tout au plus de le conduire en courbant à l’horizontale, avec des poids (pincettes en métal ou ficelles), les jeunes branches qui montent hardiment à l’assaut du ciel. Cette pratique a l’avantage de le mettre à fruits rapidement. Attention toutefois: certains rameaux sont épineux.
  • La multiplication par semis est délicate et très longue (4 ans avant plantation).
  • Il vaut mieux pratiquer le bouturage en fin d’automne ou tôt au printemps, ainsi que le marcottage, mais l’enracinement peut prendre 18 mois.
  • La technique qui est le plus couramment utilisée est l’écussonnage en T (fin juillet début août lorsque l’écorce se détache facilement du bois) ou le greffage à l’anglaise dite compliquée (double) en mars avant le débourrement (récolte des rameaux greffons sur bois de l’année précédente en janvier) sur cognassier ou Crataegus, mais aussi poirier et pommier.
  • Le choix du porte-greffe n’est pas sans conséquences sur la qualité du fruit:
    • Le Crataegus, qu’il faut privilégier sur des sols secs et pierreux, lui conférera des fruits petits et pointus ainsi qu’une «agréable aigreur»,
    • Les nèfles issues d’un croisement avec le cognassier seront plus grosses, aplaties et de saveur douce.

L’optimum de la consommation des nèfles est «la blettitude», pour avertir ceux qui n’aimeraient pas l’impression de «poire pourrie» que dégage la texture du fruit.

  • Ce stade peut être atteint déjà sur l’arbre lors d’un automne long et chaud ou juste après les premières gelées blanches. Ce sont les tanins qui sont responsables de l’âpreté et de l’acidité, la sur maturation les transformant progressivement.
  • Riche en amidon, en cellulose et en pectine, le fruit sur maturé dissipe alors des arômes sucrés, qui se bonifient dans une eau-de-vie de qualité si vous envisagez de distiller les fruits!
  • La nèfle cuite avec de la crème et du sucre ou/et associée à des pommes ou d’autres fruits des «bois» (aronia, argousier, cynorrhodon, etc.) est un délice.

  • Le néflier n'est pas originaire d'Allemagne mais d'Asie Mineure où il est cultivé depuis l'an 1000 av. J.-C.
  • Il fut ramené en Europe par les Romains et figura ensuite parmi les espèces recommandées par Charlemagne dans le capitulaire De Villis.
  •   Il a connu son heure de gloire durant le Moyen Age : Hildegarde de Bingen, célèbre abbesse du XII e siècle, en préconisait déjà l’usage: «Le fruit de cet arbre est utile et bon pour les malades et les bien-portants, quelle que soit la quantité qu’on en mange, parce qu’il fait croître la chair et purifie le sang.»
  • Plus tard, au XVIème siècle, Olivier de Serres, rappelle l’utilisation des fruits en compote et confiture «au sucre, au miel, au vin cuit, et autrement».
  • Aujourd’hui, leur saveur à maturité (blette) «vineuse et sucrée» à cause d’un début de fermentation n’est guère à la mode, mais il ne tient qu’à notre curiosité de renouveler son usage.
  • Au Pays basque il se fabrique un bâton de marche ornementé appelé makhila, dont le bois de néflier nécessite avant d'être travaillé par l'artisan, une durée de séchage entre dix et vingt années selon la solidité recherchée.